Deuxième partie. La généalogie
Chapitre 7
2017-2020, la vague des security tokens et sa désillusion
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À l’automne 2018, un palace du Colorado fit la une de la presse spécialisée. Le St. Regis d’Aspen, hôtel de luxe niché au pied des pistes, voyait une fraction de son capital, un peu moins d’un cinquième, vendue sous forme de jetons inscrits sur Ethereum. L’opération leva environ dix-huit millions de dollars. Pour la première fois, un actif immobilier prestigieux, connu du grand public, entrait dans la blockchain par la grande porte, avec un prospectus, des avocats et une plateforme réglementée. Les promoteurs de l’opération parlaient d’une révolution de l’investissement immobilier. Le moment semblait venu.
Il ne l’était pas tout à fait. La période qui s’ouvre après la bulle des ICO est celle des security tokens, ces jetons assumés comme des valeurs mobilières. Elle a produit des innovations décisives, des cadres juridiques durables, des entreprises qui dominent encore le marché. Elle a aussi produit une déception à la mesure des espoirs qu’elle avait suscités. Comprendre cette désillusion est indispensable à quiconque veut entreprendre dans les RWA, car ses causes n’ont pas toutes disparu.
Le pari de la conformité
Le rapport de la SEC sur The DAO, en juillet 2017, avait posé un principe clair. Un jeton qui permet à des investisseurs d’apporter des fonds à une entreprise commune dans l’attente de profits tirés des efforts d’autrui est une valeur mobilière, quel que soit le nom qu’on lui donne. Les juristes américains reconnaissent là le test Howey, issu d’un arrêt de la Cour suprême de 1946 concernant des parts d’orangeraies en Floride. La technologie changeait, le droit restait le même.
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