Troisième partie. L'organisation de l'écosystème
Chapitre 13
Marchés secondaires et liquidité
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Chaque mardi matin, le marché d’Annecy envahit les rues de la vieille ville. Les étals de reblochon, de tomme et de saucisson s’alignent le long des canaux, et les acheteurs viennent nombreux, parce qu’ils savent qu’ils y trouveront des vendeurs, et les vendeurs viennent parce qu’ils savent qu’ils y trouveront des acheteurs. Si l’on installait demain, sur une place déserte d’un hameau isolé, les plus beaux étals du monde, personne ne viendrait. Le marché naît de la rencontre, de l’habitude, de la confiance et du nombre, bien plus que de la beauté des étals.
Cette image dit tout de la liquidité. La liquidité est la promesse la plus souvent avancée en faveur des RWA, et la plus souvent déçue. Une plateforme d’échange existe dès qu’on la lance. Un marché, lui, suppose des acheteurs et des vendeurs en nombre suffisant. Comprendre cette différence protège l’investisseur des promesses imprudentes, et l’entrepreneur des erreurs de conception qui ont coûté si cher à ses prédécesseurs.
Ce que liquidité veut dire
Un actif est liquide lorsqu’on peut le vendre rapidement, en quantité significative, sans faire baisser son prix. Les économistes décomposent cette qualité en plusieurs dimensions. L’étroitesse de l’écart entre le meilleur prix offert par un acheteur et le meilleur prix demandé par un vendeur. La profondeur du marché, c’est-à-dire le volume que l’on peut vendre sans déplacer les prix. La résilience, ou la vitesse à laquelle les prix se rétablissent après une transaction importante. L’immédiateté, enfin, le temps nécessaire pour trouver une contrepartie.
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